« La petite libellule qui avait une toux chronique »

conte, Jacques Salomé, Vivre à coup de coeur

 Aujourd’hui, j’ai envie de vous partager ce magnifique conte, signé Jacques Salomé

“Il était une fois une petite libellule habitée par une toux chronique, ce qui veut dire qu’elle toussait sans arrêt et surtout à n’importe quel moment.
 
Ce qui est très, très gênant quand on est libellule, comme vous pouvez l’imaginer, et quand cela vous arrive en plein vol!
 
Imaginez le chaos, les zigzags, les hauts et les bas, les tête-à-queue, les loopings. C’était épouvantable pour cette petite libellule.
 
Ainsi, le jour où elle avait voulu dire bonjour à « un » libellule de son âge. Elle s’approcha de lui, se mit à tousser et à pousser des cris de libellule incohérents, qui voulaient dire :
 
 – Bonjour, c’est la première fois que je vous vois…
 
Elle hoquetait, battait des ailes de façon désordonnée, si bien que « le » libellule effarée crut qu’elle était folle et s’enfuit à tire-d’aile, loin d’elle.
 
Il faut vous dire cependant que cette petite libellule vivait encore dans sa famille. Elle avait un amour incroyablement fort pour son papa. C’était un amour plus grand que son corps de libellule, qui débordait de partout, elle n’arrivait pas à le contenir. Et bien sûr, cet amour, elle n’arrivait pas à le dire, avec des mots simples comme : 
 
– Tu sais, papa, je t’aime très fort, si fort que mon corps parfois me semble trop petit pour contenir tout mon amour pour toi!
 
Non, elle ne savait pas dire des mots comme cela, aussi que faisait-elle? Eh bien, elle retenait son amour, elle le gardait tout au fond, en elle, tout caché. Mais il y avait aussi une autre raison, c’est qu’elle craignait de faire de la peine à sa maman si elle disait ce grand amour qu’elle avait pour son père.
 
Oh! ne croyez pas qu’elle n’aimait pas sa maman, oui elle l’aimait, elle l’aimait beaucoup, tout plein, mais vous sentez que « tout plein » ce n’est pas pareil que « très, très fort » ! Ce n’était pas la même chose, ce n’était pas le même amour.
 
Car il y a deux sortes d’amour chez les libellules : « l’‘amour inquiet » et les « amours libres d’inquiétude ou non inquiètes ».
 
Avec sa mère c’était un amour sans problème. Elle se savait aimée par elle, aussi c’était un amour sans danger, pas menacé du tout.
 
Tandis qu’avec son père, ce n’était pas la même chose! 
 
Son amour pour lui était toujours en insécurité, pas très sûr. Je veux dire qu’elle n’était pas sûre, elle, d’être aimée aussi fort… par son papa!
 
Pour sa mère, pas de problème, c’était OK! Mais pour papa, là c’était plus difficile. Comment dire cela le plus simplement possible? Elle n’était pas à l’aise avec lui, il y avait comme une retenue, comme un doute, il lui faisait un peu peur. Même quand il la prenait sur ses genoux et qu’elle lui fourrait ses doigts dans les oreilles. Oui, oui, c’est un jeu de libellules!
 
Vous comprenez alors pourquoi elle cachait son amour, tout comprimé dans sa poitrine de libellule.
 
Vous savez, c’est étroit une poitrine de libellule, tout menu, tout mince, avec une palpitation comme ça du côté du cœur, toute douce, toute douce.
 
Et souvent cet amour-là pour son père l’étouffait. A tel point que souvent elle laissait sortir sa toux. Oui, sa toux, vous l’avez compris avant moi, c’était le trop-plein de son amour pour papa!.
 
Personne n’avait compris cela avant. Ni le médecin des libellules qui avait dit d’une voix grave:
 – C’est-une-toux-asthmatique-chronique.
 
Ni les parents, bien sûr, qui la faisaient soigner (soi – niée) avec des tas de médicaments:  pilules, cachets, pchitt-pchitt, etc.
 
Eux, les parents, voulaient faire taire à tout prix cette toux. 
 
Sans comprendre, les malheureux, qu’avec cette toux la petite libellule disait un immense amour, un amour trop grand pour son père. Qu’elle disait aussi sa peur de blesser sa maman en montrant cet amour disproportionné pour papa.
 
Alors me direz-vous, comment tout cela va-t-il se terminer? 
 
Je vais vous le dire, mais c’est un secret de libellule.
 
Un jour la petite libellule s’approchera de l’oreille de sa maman et lui chuchotera :
 
– Tu sais, maman, je t’aime comme une maman. Et papa, je l’aime comme un papa. Mais je ne sais pas pourquoi, je n’y peux rien, tu sais maman, je l’aime des fois comme deux papas et des fois comme trois papas ! Tu crois que c’est grave, maman?
 
La mère prendra sa petite libellule dans ses ailes de libellule et lui dira :
 
– Merci de m’avoir parlé, je comprends enfin pourquoi tu tousses tout le temps. C’est ton amour trop grand pour ton père qui est resté trop longtemps enfermé dans ta poitrine. Tu as le droit d’aimer ton père aussi fort que tu peux.
 
Moi je me sens aimée par lui très fort et je sais qu’il a aussi un amour pour toi, même s’il ne sait pas le dire.
 
L’amour qu’il a pour toi n’est pas le même que celui qu’il a pour moi.
 
Ce sont deux amours différents.
 
Vous devinez la suite. La petite libellule n’eut plus de toux du tout! Oui, du tout, du tout de toux.
 
Ainsi se termine le conte de la petite libellule qui avait un amour si fort qu’il ne pouvait être contenu dans sa poitrine. »

Qu’est-ce que ce conte t’inspire? 
Comment vis-tu, comment vois-tu l’amour? 

J’ai hâte de vous lire! 

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